Encyclhautpays

L'encyclopédie des hauts pays d'Artois

Accueil
Thèmes
Chronologie
Contacts
Archives
Communes

 

 

Célestin Charles Auguste Jonnart (1857-1927)

 

            Célestin Jonnart  est né le 27 décembre 1857 à Fléchin dans une famille de petits notables républicains.  Il suit les cours du lycée de Saint-Omer, puis de la Faculté de droit de Paris et de l'école des sciences politiques, se préparant  à une carrière administrative.

De 1881 à 1885, il occupe diverses fonctions dans les cabinets ministériels, avant de se lancer dans l'arène politique. En 1885, il se présente aux élections législatives sur la liste républicaine, mais est battu. L'année suivante, il succède à son père comme conseiller général du canton de Fauquembergues, poste qu'il occupe jusqu'à sa mort. Il prépare ainsi la conquête républicaine de l'Audomarois rural, qu'il réalise en devenant député de la 2ème circonscription de Saint-Omer, contre le bonapartiste Levert, le 22 septembre 1889. Jusqu'en 1910, il est réélu avec de confortables majorités, même lors des élections de combat de 1902 et 1906. En 1914, il est élu sénateur du Pas-de-Calais.

Il devient rapidement un membre éminent de la Chambre de députés, remarqué par ses compétences. C'est ainsi qu'il est ministre des Travaux Publics dans le ministère Casimir Périer qu'il contribue cependant à faire tomber le 30 mai 1894 par son hostilité à la grève et au droit syndical des fonctionnaires. Waldeck-Rousseau lui confie le 3 octobre 1900 la charge de gouverneur général de l'Algérie qu'il tient jusqu'en 1911. Il est un partisan de l'assimilation, développe les oeuvres d'assistance et d'enseignement, tout en prenant les mesures militaires pour défendre la frontière marocaine. Il démissionne de ce poste en 1911, hostile à la politique étrangère de Caillaux. Ensuite, il est ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement Briand de janvier à mars 1913. En 1914, il préside l'importante commission sénatoriale des Affaires étrangères et en 1917 il est le "Haut-commissaire des puissances protectrices de la Grèce" qui contraint le roi de ce pays à l'abdication. Début 1918, il est chargé par Clémenceau, en retrouvant son poste de gouverneur, de lever des troupes fraîches et de la main d'œuvre en Algérie. En 1919, il est président de la Commission des réparations, puis remplit, de mai 1921 à novembre 1923, le rôle délicat d'ambassadeur auprès du Saint-Siège, dans le but de conduire la politique d'apaisement religieux préconisée par  la Chambre bleu-horizon.

L'itinéraire politique de Célestin Jonnart est tout à fait classique. Dans la tradition des opportunistes des années quatre-vingts, il est tout d'abord l'adversaire résolu des bonapartistes et son action vise à asseoir la République dans les régions rurales du département du Pas-de-Calais. Le modérantisme qu'il professe dès le temps du Ralliement le porte à se satisfaire du centrisme "ni réaction ni révolution" qui est dominant au temps de Méline. Il privilégie encore  dans les convulsions du début du siècle la défense et la concentration républicaines..  Une fois passé l'épisode de la Séparation, le  glissement vers le centre droit s'opère en douceur. Il est accompli après la Grande Guerre quand Jonnart préside aux destinées d'une Fédération républicaine, bien installée à droite de l'échiquier politique..

Cette envergure nationale explique l'influence prépondérante qu'il exerce dans le département du Pas-de-Calais. Son autorité est indiscutée au Conseil général qu'il préside d'ailleurs de 1903  à sa mort. Il a été particulièrement actif pour la défense des réfugiés de son département durant la Grande guerre et s'est attaché au vaste problème de la Reconstruction.

Jonnart est élu en 1923 à l'Académie française, quelques années avant sa mort qui survient en 1927.

Source: Vavasseur-Desperriers, République et liberté