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Louis Boudenoot, homme politique (1855-1922)

 Louis Charles François Boudenoot est né à Fruges le 2 mai 1855, dans une famille de négociants. Elève brillant, il est orienté tout d'abord vers le lycée de Saint-Omer, devient bachelier, passe par l'Ecole Polytechnique, avant d'entrer à l'Ecole Supérieure des Mines d'où il sort avec le titre d'ingénieur. Sa carrière professionnelle, qui se déroule essentiellement à Paris, ponctuée de divers succès,  montre que ses compétences et ses centres d'intérêt sont très larges (pneumatique , chemin de fer; agriculture). Il entre d'ailleurs à la Compagnie générale des chemins de fer d'intérêt local en 1882, dont il devient président en 1889; il est encore président des mines de Carvin en 1885, dont il contribue à améliorer la production en créant de meilleures conditions de travail. En somme, un ingénieur et un animateur hors pair, qui de plus sait se faire valoir auprès de la presse.

            Dès Polytechnique, il est intéressé par la politique; il y fonde un groupe d'union républicaine. Ce Frugeois qui professionnellement a réussi se lace au tournant des années quatre-vingt dans l'aventure électorale.. Il est élu conseiller général en 1885, poste qu'il conservera jusqu'à sa mort. En 1889, il est le candidat républicain de la circonscription de Montreuil et l'emporte sur le légitimiste de Lhomel, succès confirmé en 1893 et en 1898.  Il est de ceux par qui l'implantation de la République s'est faite en profondeur dans de vieilles terres bonapartistes. Ce succès s'explique dans soute par la vigueur de son républicanisme, mais aussi par sa modération et son grand pragmatisme, aidé par une grande puissance de travail et par un sens très profond des réalités.  En novembre 1901, il est élu sénateur, fonction qu'il assure jusqu'à sa mort.

            L'action parlementaire de Louis Boudenoot est importante. Il fait partie de très nombreuses commissions, privilégiant peut-être les commissions techniques (mines, chemins de fer, travaux publics, postes, etc..). Sa notoriété, assise sur un talent oratoire réel - ses discours sont clairs et courts - grandit au sein des assemblées.             On comprend ainsi qu'il ait pu s'imposer d'emblée au Conseil général. Son activité y est débordante, ses interventions multiples. Elles sont liées au quotidien des populations rurales (chemins vicinaux, remembrement, encouragement des concours agricoles,  bureaux des poste). Mais son œuvre majeure contribue, on le comprend, au développement des "chemins de fer agricoles"  propres à rompre l'isolement des campagnes profondes, facteur en conséquence de progrès. Il se bat pour la création de la ligne de Berck à Aire qu'il obtient d'ailleurs.. Le travail qu'il fournit pendant la guerre, tant au Sénat que dans le pays, explique qu'il devient vice-président de la haute assemblée en 1920.

            Ses multiples fonctions ne lui ont jamais fait oublier sa commune natale qu'il a su doter par sa grande générosité d'une maison de retraite

            Louis Boudenoot meurt à Paris le 23 octobre 1922, à l'âge de soixante-sept ans, après une courte maladie.

            Le rôle de Louis Boudenoot apparaît fondamental dans l'histoire politique du Pas-de-Calais. Il est de la génération des nouveaux notables des années quatre-vingts qui ont contribué à implanter durablement la République dans les esprits et dont la réussite s'explique entre autres par l'attention particulière qu'ils ont constamment apportée aux populations qu'ils représentaient.

 

Source: merlo Bernard, "Louis Boudenoot". Bulletin Histoire du Haut-Pays, n° 57-58, 1999