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Joseph Evrard, "missionnaire et pasteur" (1889-1974)

 

            Joseph Evrard est né le 8 mai 1889, à Muncq-Nieurlet, dans une famille de notables paysans, conservateurs et catholiques. Il reçoit une éducation chrétienne dans sa famille, puis au collège des Jésuites de Boulogne, au moment de la "guerre scolaire" en 1901, enfin au collège Saint-Bertin de Saint-Omer. Il se destine très tôt à la vocation sacerdotale et est ordonné prêtre en 1912. Néanmoins, sa vive intelligence le conduit à compléter sa formation à Rome d'où il revient en 1914, docteur en droit canon.

            Il est nommé professeur au Grand Séminaire d'Arras quand survient la guerre qu'il accomplit comme brancardier et aumônier volontaire. De 1919 à 1929, il enseigne la morale et l'apologétique au Grand Séminaire tout en assurant le service de deux paroisses dévastées et privées de prêtre. En 1929, il est nommé curé de la paroisse minière de Bruay-en-Artois où il se distingue par son dynamisme, par son désir de se rapprocher de ses ouailles et de développer l'Action catholique. Il poursuit la même œuvre à Calais où il est archiprêtre de 1933 à 1937. A cette date, il est ordonné évêque et obtient le siège de Meaux. Il s'y efforce d'accomplir sa tâche avec talent, mais s'y révèle plus pasteur qu'administrateur, d'où des critiques que cet homme de la "campagne" supporte mal. Malade, il abandonne sa charge en décembre 1939 pour un repos prolongé et finit par démissionner en 1942. Il devient alors évêque Dionysopolis, titre honorifique.

En fait pendant de longues années, il se transforme en un évêque itinérant qui visite les paroisses du diocèse d'Arras et d'autres régions de France. Il est l'observateur attentif d'une époque, celle de la Seconde Guerre et des années d'après-guerre, au miroir de la chrétienté. Guidé par son âme de pasteur, il participe aussi à toutes les manifestations de la foi religieuse et est l'un des artisans essentiels du "Grand Retour" de la Vierge de Boulogne dans l'immédiat après-guerre. D'une foi profonde, conscient de sa mission, son souci constant consiste à rapprocher les âmes de Dieu et de développer la ferveur chrétienne. Il sait se rapprocher de ses nombreuses ouailles, mêlant dans sa réflexion les réalités les plus concrètes qui font leur vie quotidienne  aux plus hautes spéculations philosophiques.

Car Monseigneur Evrard est aussi un intellectuel, doté d'une excellente mémoire et d'une facilité de parole exceptionnelle. La publication de ses prônes dominicaux révèlent la richesse de ses connaissances théologiques et profanes. Ses notes précieuses et les analyses pertinentes qu'il tire de ses observations lors des visites de paroisse constituent un matériau précieux dans le domaine de la sociologie religieuse qui se développe alors sous l'égide de Gabriel Le Bras, avec lequel il entretient d'étroites relations. Elles portent aussi la marque de ses convictions personnelles mais aussi de sa grande intelligence.

Retiré à Saint-Omer dès 1947, il ralentit ses activités au tournant des années soixante, quand l'âge vient. Il est fait chevalier de la Légion d'Honneur en 1962. Il s'éteint le 30 septembre 1974, à l'âge de 85 ans.

Monseigneur Joseph Evrard peut être considéré comme l'une des personnalités religieuse les plus marquantes du XXème siècle pour le diocèse d'Arras. Il fut un évêque "populaire" dans la mesure où il a toujours privilégié l'aspect pastoral de sa mission et su se rapprocher des paysans et des ouvriers. Ce fut aussi un intellectuel de qualité dont les travaux ont contribué à initier la sociologie religieuse dans notre département.

Source: Saint-Maxin Christelle, Monseigneur Joseph Evrard (1889-1974), Université du littoral, Mémoire de maîtrise, 1998