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L'encyclopédie des hauts pays d'Artois

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Fauquembergues 

 

 

Le nom de Fauquembergues remonte à l’époque où notre région parlait une langue germanique, c’est-à-dire entre le VIème et le IXème siècle, puisqu’il vient de Falko-berg, ce qui signifie « le mont des Faucons ». Cependant l’espace fauquemberguois a connu des occupations humaines depuis la préhistoire.

Il fut d’abord parcouru par des groupes de chasseurs préhistoriques (acheuléens, moustériens), puis les agriculteurs néolithiques vers 3000 avant J.C vinrent y créer les premières cultures. Mais ce n’est pas avant l’époque gallo-romaine que l’espace fauquemberguois s’organisa. On y a décelé des traces de cadastres antiques et à la briqueterie on a découvert un ensemble funéraire datant de la fin du 1er siècle.

A la fin de l’époque romaine, l’espace fauquemberguois semble intégré dans un vaste domaine dépendant de Renty (gallo-romain Rentiacum : domaine de Rentius). Les invasions barbares et leurs conséquences intègrent Fauquembergues dans le royaume franc. Le mont des faucons, installé sur un éperon dominant l’Aa, est une possible forteresse franque. Au VIIème siècle, le comte du Ternois, Wambert, maître du domaine de Renty, y crée à proximité la première église dédiée à St Martin. Il appelle Saint Bertulphe qui fonde vers 700 une abbaye à Renty.

Quelques siècles plus tard, Fauquembergues connaît les invasions normandes et en 918, c’est dans ses environs immédiats que se termine la dernière équipée normande dans le Nord de la France : de hardis vikings remontant de la Normandie y sont vaincus par une armée royale commandée par Raoul de Bourgogne.

   Le premier apogée du bourg (XIe-XIVe siècles)

 Ce n’est pas avant l’an 1100 que l’on reparle de Fauquembergues. A cette date, une famille chevaleresque a bâti une solide forteresse sur l’ancien Mont des Faucons et ces seigneurs de Fauquembergues sont aussi châtelains de Saint-Omer. Tout au long du XIIéme siècle, ils renforcent leur puissance qui s’étend, vers 1200, des rives de la Canche à la Flandre Maritime.

A l’ombre du château, se construit un bourg où dominent déjà les activités artisanales et commerciales, favorisées par l’existence d’une classe aristocratique nombreuse. Les vicissitudes politiques entraînent l’incendie du bourg en 1198, et en 1222, le seigneur, Guillaume V, accorde une charte de franchise aux Fauquemberguois afin de favoriser la reconstruction économique. Le bourg s’entoure d’un rempart, percé de trois portes (Garlet, Guilborde, Boulenoise) et connaît son premier apogée. Les activités économiques s'y développent. Les marchands fauquemberguois parcourent le Nord et la France. Signe de prospérité, on édifie une magnifique église érigée au rang de collégiale quand le fastueux Guillaume V la dote d’un chapitre de chanoines en 1242.

  Un bourg frontière

             Avec le XIVème siècle, s’ouvre une nouvelle période pour Fauquembergues. Le bourg connaît alors troubles, guerres, calamités. La guerre de Cent Ans qui ravage la France n’épargne guère Fauquembergues, incendié à plusieurs reprises. Une bataille y est même évitée en 1355, l’année avant Poitiers. Les remparts tombent en ruines, comme le château, abandonné par ses maîtres. Les  bourgeois de Fauquembergues peinent à conserver leur autonomie vis-à-vis de la puissante ville de Saint-Omer. Les activités économiques s’étiolent et en 1479, le bourg compte à peine 600 habitants. Les hasards de la politique font que Fauquembergues devient à partir de 1492, une place frontière entre l’Artois, autrichien (1492-1513), puis espagnol (1513-1677) et le Boulonnais français. Fauquembergues devient un enjeu et est ravagé par toutes les invasions qui déferlent avec la guerre, mal endémique (1522, 1536, 1542, 1554, 1638). Il est en 1554 le lieu d’une bataille entre les Français  commandés par Henri II et les Impériaux de Charles Quint (bataille de Renty-Fauquembergues). Entre temps, la seigneurie est passée à la puissante famille des Princes de Ligne dont les officiers locaux doivent partager le pouvoir avec l’échevinage. Le doyenné est maintenu lors de la partition du diocèse de Thérouanne en 1559 : il est alors rattaché à Boulogne.

Cette situation troublée est préjudiciable aux activités économiques et vers le milieu du XVIIème siècle, Fauquembergues apparaît comme un bourg complètement ruiné. Ses halles ont disparu, l’église a perdu son chœur et son transept, les maisons sont détruites. Les Bénédictines qui avaient installé une maison religieuse au début du XVIIème siècle, illustrée par Jeanne de Le Loe, une mystique typique de la renaissance catholique du siècle, doivent s’exiler à Poperinghe.  Le bourg se relève difficilement : il ne compte que quelques centaines d’habitants quand on approche de 1700.

   La seconde croissance (XVIIIe-XIXe siècle)

             Le XVIIIème siècle est une période de paix et Fauquembergues se relève de ses ruines. L’activité économique reprend, soutenue par la création d’un franc marché en 1742, par l’ouverture de la route royale en 1779, par l’installation de moulins à papier vers 1785. Fauquembergues apparaît comme  une société d’artisans et de commerçants, dominée par quelques gros négociants et par les hommes de lois qui assurent la direction de l’échevinage.

          Signe de la prospérité recouvrée, on reconstruit suivant un urbanisme nouveau (alignement des maisons le long de rues étroites) ; l’église se dote d’un porche en style néo-classique ; la vieille société d’archers « Saint Sébastien » reprend quelque vigueur et surtout l’essor démographique est réel. Le bourg atteint le millier d’habitants à la veille de la Révolution. Une nouvelle phase de défrichements est entamée. Elle touche avant 1780 le bois du Rapoy, et se poursuivra au siècle suivant par la mise en culture de la Forêt.

La Révolution fait de Fauquembergues un chef-lieu de canton. Elle assure surtout d’une manière définitive le pouvoir des notables locaux qui dirigeront la municipalité pendant presque deux siècles… et ne semble gêner en rien l’essor de la bourgeoisie qui se continuera jusqu’en 1880 environ.

Pendant la plus grande partie du XIXème siècle, la France vit au rythme de chefs-lieux de cantons et Fauquembergues connaît son apogée, avec une population qui dépasse désormais le millier d’habitants. Les rues (que l’on rebaptise vers 1840) grouillent d’activités artisanales et commerciales (bâtiment, brasseries, moulins, etc..). Mais surtout le marché reprend de la vigueur et devient de plus en plus important. Signe des temps, les notables construisent ces maisons si caractéristiques avec une porte cochère. L’espace bâti se développe.

Ce sont ces notables, issus pour la plupart des professions libérales qui dirigent la municipalité, confortés dans leur position tout d’abord par l’administration, puis par l’électorat à mesure que s’étend le suffrage universel. Les Fauquemberguois, au milieu du siècle, adhèrent dans leur grande majorité à un bonapartisme qui rejette tout autant toute velléité de retour à l’Ancien Régime et tout excès révolutionnaire. La dynastie des Senlecq, les Ogiez, dominent alors la vie politique.

 Sur le plan des mentalités, Fauquembergues se transforme peu à peu. Si on ne conteste guère le pouvoir des notables, il n’en reste pas moins que l’on se montre un peu plus critique vis-à-vis de l’église et que l’on glisse insensiblement vers la République, pour qui l’on vote en majorité dans les années quatre-vingt-dix, sous l’égide de Célestin Jonnart.

  Transformations et mutations (depuis 1880)   

Après 1880 commence cependant une période de déclin relatif. Les activités, soutenues encore jusqu’en 1914, grâce à la création en 1880 de la ligne de chemin de fer Anvin-Calais, et grâce à l’installation de la briqueterie, s’étiolent par la suite. Peu à peu, le marché perd de sa vitalité et Fauquembergues subit de plein fouet les effets de l’exode rural. A la veille de la Seconde guerre mondiale, sa population n’est plus que de 840 habitants.

Depuis la Seconde guerre mondiale, Fauquembergues a connu la  plus profonde mutation de son histoire, notamment à compter des années soixante. Le bourg reste un centre rural qui offre des services de qualité aux quelques villages environnants (commerces, collège, associations), mais il s’inscrit désormais dans la zone d’attraction de la région audomaroise qui a connu un bel essor industriel à partir des années soixante. 

 Cela n’a pas été sans modifier ses équilibres sociologiques dans le bourg et depuis 1968, les travailleurs indépendants du commerce, de l’artisanat et de l’agriculture ne constituent plus guère l'essentiel d'une  population active constituée essentiellement de salariés dont beaucoup  de migrants-alternants. La commune depuis quelques années a tenté de mener des politiques volontaristes en ce qui concerne les équipements (salle des fêtes, écoles, stade, mairie, Marpa) , l'aménagement du territoire (lotissements, actions sur le réseau routier),  le cadre de vie (fleurissement, aide aux associations), le développement économique (éoliennes, etc..)