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L'encyclopédie des hauts pays d'Artois

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Jean Fauviau et Pierre Deneuville                                              

            Le sort de Jean Fauviau est liée à celui de Pierre Deneuville, tous deux instituteurs publics. Le second, originaire d’Acquin, avait été instituteur à Audruicq,  puis à Quercamps. Le second était le fils d’un couple d’instituteurs à Nielles-lès-Bléquin. Dès 1941, ils sont en relations avec le groupe François Havet de Lumbres, et plus particulièrement avec Xavier Normand, s’occupant d’évasion de pilotes et parfois aussi de renseignements. Après le démantèlement du groupe de Lumbres (arrestations du 30 décembre 1943), nos deux jeunes instituteurs sont récupérés par Libé-Nord, intégrés dans le réseau de renseignement « Thésée », affilié à ce mouvement : ils fournissent alors de nombreuses informations sur les rampes de lancement de V1 et de V2, les installations de défenses côtières, les mouvements de troupes, les postes de D.C.A. et dépôts de munitions. Ces renseignements étaient dirigés dans un premier temps sur la région lilloise.

            Ces résistants sont trahis par un agent allemand, qui se fait passer pour un résistant hollandais.. Après une rencontre avec ce dernier dans un café de Strazeele, près d’Hazbrouck, Pierre Deneuville et Jean Fauviau sont arrêtés le 20 juin 1944 et conduits à la prison de Loos.

            Nos deux résistants sont déportés par le « dernier  train » de Loos, parmi les 1200 détenus qui seront évacués dans la matinée du 1er septembre 1944, deux jours avant la Libération de Lille. Ce train arriva à Cologne le 3, à Sachsenhausen le 7 et les détenus furent répartis dans divers camps. Pierre et Jean restèrent ensemble jusqu’en avril 1945, connaissant divers commandos à Berlin, à l’Ile du Diable sur la mer Baltique, puis à Erfurt. Le 9 avril, Pierre Deneuville est dirigé sur Bergen-Belsen, tandis que Jean Fauviau, malade de la dysenterie est envoyé à Berlin, alors que l’Allemagne est envahie de toutes parts par les Alliés et que se livrent les derniers combats. Le 15 avril, Bergen-Belsen est libéré, mais souffrances et privations ont gravement détérioré l’état de santé de Pierre ; hospitalisé à Sullingen, il meurt le 26 avril 1945, sur le chemin du retour.

            Quant à Jean Fauviau, on ne sait ce qu’il est devenu. Il devait disparaître sans laisser de trace dans un Berlin assiégé par l’armée soviétique dès le 20 avril[1].

 


[1]              Dufay Raymond, la vie dans l’Audomarois sous l’occupation. 1940-1944. Saint-Omer, 1990 et Lesage rené, La Résistance en Artois occidental, Lille-III, Revue du Nord, 1998