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Haudiquet Georges et Chevalier Irénée

L’abbé Haudiquet, curé de Beussent, n’aimait pas les Allemands et ne le leur avait pas envoyé dire ; d’ailleurs ses positions clairement affichées lui avaient valu quelques difficultés auprès des autorités d’occupation.

 C’est sans doute pour cela qu’il vient spontanément en aide, un jour d’août 1941,  à un aviateur polonais, abattu dans la région d’Hucqueliers. Si on lui avait dit le matin de ce jour que le soir il aurait accompli un acte résistant, il en eût été étonné.. Savait-il que la DCA allemande allait mettre en difficulté un avion de chasse, le contraignant à l’atterrissage dans la plaine de Beussent. Le pilote, A. Frazenak, est polonais. Il est aussitôt recueilli par Irénée Chevalier, maire de la commune, qui en informe aussitôt l’abbé Haudiquet. Bel exemple de résistance-réflexe,  spontanée, nourrie du patriotisme au quotidien de nos populations rurales.

L’abbé Haudiquet a entendu parler d’une filière d’évasion fonctionnant sur Boulogne-sur-Mer et à la fin de septembre, il amène son pilote chez Mme Duval, résistante du groupe « Patrie ».

Mais il était difficile à l’époque d’évacuer les pilotes, de les faire sortir de la zone côtière. En février 1942, Mme Duval est dénoncée et la police allemande vient l’arrêter chez elle où elle trouve Frazenak. Hélas ! ce dernier a noté dans son carnet les adresses de ses hôtes de Beussent ; c’était une imprudence. Irénée Chevalier et Georges Haudiquet sont rapidement arrêtés, conduits à la prison d’Arras, condamnés à mort.

Ils furent fusillés le 14 mai 1942 dans les fossés de la citadelle d’Arras. L’abbé Haudiquet, lors de son procès, tenta de se défendre, paraît-il, en invoquant sa qualité de prêtre qui l’obligeait à venir en aide à son prochain, donc à ce pilote en difficulté. Le juge allemand, un roué sans doute, serait parvenu à la piéger en lui demandant s’il eût agi de même s’il s’était agi d’un aviateur allemand. « Certes non » répondit notre abbé, réflexe germanophobe oblige. De ce fait, sa cause était entendue.

L’exécution du maire et du prêtre causa une vive émotion dans l’arrondissement de Montreuil. En 1943, une messe anniversaire fut dite dans l’église de Beussent, ce qui déplut aux occupants qui vinrent encercler l’église[1].

           
 

[1]              Lesage rené, La Résistance en Artois occidental, Lille-III, Revue du Nord, 1998