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Loy Charles-Victor (1831-1911)

Un brave soldat, M. Charles-Victor Loy, âgé de 80 ans, vient de mourir à Boulogne-sur-Mer. Sa carrière militaire mérite d’être racontée.

M.Loy était né à Fauquembergues (Pas-de-Calais) le 11 juillet 1931. A 17 ans, il s’enrôle au 2ème Hussards et fait la campagne d’Italie. Il est au combat de Palestro et assiste aux batailles de Magenta et de Solférino. Il quitte le service avec le grade de maréchal des logis et vient habiter Lille en 1866.

 En 1870, M. Loy est élu capitaine de la garde nationale sédentaire, mais n’étant pas âgé de 40 ans, il est mobilisé. Il est de nouveau capitaine, puis chef de bataillon, et ensuite, sur proposition de la municipalité, nommé lieutenant-colonel de la légion mobilisée lilloise qui devient le 1er régiment de marche des mobilisés du Nord.

Ce régiment de marche, armé du chassepot, était aux batailles de Pont-Noyelles, de Bapaume et de Saint-Quentin. A Bapaume, le 1er de marche reprend Mory, d’où il a délogé l’ennemi. Tous les bataillons de ce régiment furent cités à l’ordre du jour de l’armée du Nord pour leur belle conduite pendant les deux jours que dura la bataille.

A Saint-Quentin, le régiment se battit dès la pointe du jour à Froncilly et au bois de Sailly. Ayant brûlé toutes ses munitions et sur le point d’être cerné, il commençait à se replier quand il apprit qu’une batterie d’artillerie du Finistère était aux mains de l’ennemi. Le 1er de marche fonce sur l’ennemi et reprend la batterie sous les yeux du général Paule d’Yvoi qui s’écrie : « Bravo les Lillois !voilà qui est bien travailler. »

Réapprovisionné de cartouches à Saint-Quentin, le lieutenant-colonel Loy se porta avec son régiment au pas gymnastique sur la route de Ham ; il se battit jusqu’à la nuit, empêchant l’ennemi d’entrer dans Saint-Quentin et de couper la retraite de l’armée.

La guerre terminée, le colonel Loy eut le choix entre la croix d’honneur ou la perception dans son pays à Fauquembergues ; il opta pour la perception, car le brave homme n’était pas riche.

De Fauquembergues, il fut nommé à Saint-Omer et ensuite à Boulogne-sur-Mer jusqu’en 1895, moment où il prit sa retraite. (AD 62, 1I 185)

D'après le Télégramme du 19 juinn 1991 "Mort d'un brave"