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L'encyclopédie des hauts pays d'Artois

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Observations sur les cadastres antiques 

  1. Les cadastres antiques de forme géométrique et régulière (les centuriations)  n’ont pas seulement été un concept imaginé par des géomètres. Elles ont été un principe d’organisation de l’espace, qui correspond parfaitement à l’esprit de système des Romains, servi par les savoir-faire des arpenteurs de l’époque[1].. Des documents fonctionnels dont le plus connu reste le cadastre d’Orange le démontrent aisément, au même titre que les observations qui ont été faites en maints lieux par les archéologues du paysage.. Une des questions qui a pu se poser aux arpenteurs est la relation  de ces systèmes aux réalités topographiques et aux substrats protohistoriques.

  2. Il est certain que les campagnes du Nord de la Gaule ont été occupées à l’époque gallo-romaine, ce qui implique une organisation du sol, c’est-à-dire un parcellaire articulé autour de lignes majeures que sont les chemins, les limites, sans doute aussi les lisières forestières.

  3. Quelles qu’aient été les vicissitudes de l’histoire, les avancées et les reculs de la surface agricole, une organisation spatiale du passé ne disparaît jamais totalement du paysage et il est tout à fait légitime d’en rechercher les traces dans les paysages actuels. Il est d’ailleurs vraisemblable que ce sont les chemins et les limites qui constituent les éléments qui aient le mieux résisté et qui à travers les siècles sont restés morphogéniques, c’est-à-dire qu’ils ont été réutilisés dans la construction des paysages postérieurs, notamment ceux du Moyen-Age..

  4. La problématique essentielle porte peut-être sur l’existence ou non de cadastres réguliers et géométriques dans le Nord de la Gaule, mais aussi d’une manière plus générale sur le repérage des structures  parcellaires antiques qui ne s’inscrivent pas nécessairement dans ce cadre.

  5. Les questions de méthode sont primordiales. Il semble qu’il convienne de travailler sur les linéaments majeurs du paysage actuel et d’adopter une méthode régressive qui parte du temps présent pour remonter dans le passé. Nos paysages actuels datent dans leurs traits essentiels des siècles centraux du Moyen-Age : c’est sans doute à cette époque que l’habitat s’est fixé, ce qui a nécessité l’adaptation du réseau viaire. Le parcellaire s’est recomposé (manoirs, campagne), bois plus ou moins résiduels après les défrichements.

    [1] On retrouve ce même esprit et cette même rigueur à d’autres époques et dans d’autres lieux (l’exemple le plus clair reste celui des Grandes Plaines des Etats-Unis)